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mercredi, 17 octobre 2018

TEMOIGNAGE NATHALIE DEFEBVRE ET ANNE BABEAU

DIMANCHE 9 NOVEMBRE 2014 – EGLISE DE TOURNAN

MATINEE « MISSION EN ACTES »

Quels sont les signes visibles de la mise en œuvre de la béatitude : « Heureux les pauvres de cœur car le royaume des cieux est à eux » (Matthieu 5, 3)

INTRODUCTION : pourquoi avoir choisi cette béatitude ?

Après les JMJ de Rio de Janeiro, en juillet dernier, le Pape François, a invité les jeunes à avoir le courage du vrai bonheur et leur a proposé l’itinéraire spirituel des 3 prochaines années. Pour rythmer la marche des jeunes, il leur a proposé de réfléchir sur les Béatitudes. La première année sur « heureux les pauvres de cœur », la 2ème année sur «  heureux les cœurs purs », puis la 3ème année sur « heureux les miséricordieux ». Nous avons donc retenu pour aujourd’hui : « Heureux les pauvres de cœur car le royaume des cieux est à eux » (Matthieu 5, 1-12)

En ces temps où de nombreuses personnes souffrent à cause de la crise économique, associer la pauvreté et le bonheur peut sembler un contre sens. Comment pouvons-nous concevoir la pauvreté comme une bénédiction ?

1ère partie : Comment Jésus a-t-il vécu cette béatitude ?

Quand Jésus s’est fait homme, il a choisi la voie de la pauvreté, du dépouillement. Comme le dit Saint Paul dans la lettre aux Philippiens : « lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais, il s’anéantit lui-même, prenant la condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes » (2, 5-7). Jésus est Dieu qui se dépouille de sa gloire. C’est le mystère que nous contemplons dans la crèche, en voyant Jésus dans une mangeoire, puis sur la croix où le dépouillement arrive à son comble.

Pendant toute sa vie Jésus a incarné les béatitudes et a rejoint les plus pauvres : il faut contempler le Christ, le regarder prier, le suivre dans ses rencontres, l’écouter enseigner à partir du concret de la vie de ceux qu’il côtoie, accueillir son invitation à nous faire des serviteurs les uns des autres à sa suite. 

2ème partie : Que signifie pour nous cette béatitude ? Ou plus exactement comment penser cette béatitude dans notre vie ? Qu’est-ce- que cela implique pour nous ?

La signification « pauvres de cœur » n’a pas seulement une signification matérielle, elle est tournée du côté de l’être, de la personne, de l’esprit et du cœur essentiellement, elle évoque l’humilité, la conscience de ses propres limites, de son existence humaine limitée et dépendante.

Ma réponse va s’énoncer en 3 points :

  • Cette béatitude signifie pour moi déjà d’être libre (thème de notre année d’aumônerie). Rester dans la sobriété et ne pas céder à la culture de la consommation. En recherchant ce qui est essentiel, appendre à se dépouiller des milles choses superflues qui nous étouffent. Se détacher du désir de posséder.
  • Elle signifie aussi de prendre soin, d’être sensibles à ceux qui sont dans la pauvreté, d’être attentifs aux nécessités spirituelles et matérielles. Et ainsi de remettre la solidarité et la charité au centre de notre vie. Face aux différentes formes de pauvretés que nous rencontrons-le chômage, l’émigration, les dépendances en tous genres-nous avons le devoir d’être attentifs et vigilants et de vaincre la tentation de l’indifférence. Il faut aussi penser à ceux qui ne se sentent pas aimés, qui n’ont pas d’espoir pour l’avenir, qui renoncent à s’engager dans la vie parce qu’ils sont découragés, seuls, déçus, craintifs.
  • Cela signifie aussi que toutes ces personnes, ne sont pas seulement des personnes à qui nous pouvons donner, mais qu’elles ont aussi beaucoup à nous offrir et à nous apprendre. Elles ont leur dignité et nous apprennent beaucoup sur la générosité, l’humilité et la confiance en Dieu.

3ème partie : comment vivons nous cette béatitude en aumônerie ?

  • Les animateurs envers les jeunes :

Les 4 points énoncés ci-dessus, sont les points d’attention et de mission que nous avons à mener en tant qu’animateurs auprès de nos jeunes et de nos jeunes envers les autres. Cette béatitude est très présente en nous pour toutes les actions que nous menons à l’égard de nos jeunes. Et, à la fin des années d’aumônerie, s’apercevoir, avec beaucoup de joie, quels chemins importants ont été réalisés pour certains !

  • Etre animateur, c’est être engagé avec le cœur dans un parcours d’accompagnement des plus jeunes : c’est une responsabilité, un travail d’équipe et un cadre collectif, c’est se mettre au service de nos jeunes. Ce parcours dit quelque chose de l’esprit de fraternité à laquelle est invité à vivre chaque animateur dans sa relation avec les autres animateurs et aussi dans sa relation avec les jeunes. Une fraternité qui s’éprouve dans l’accompagnement vécu comme un service du frère et qui trouve sa source en Dieu.
  • C’est ainsi pour nous, porter une attention, un regard fraternel et de confiance sur les jeunes, sur leurs fragilités, sur leurs demandes de liberté, d’autonomie, pour les aider à grandir dans la foi et être Heureux (comme le dit les Béatitudes) et les inciter à transmettre cette nécessité de vivre la, leur montrer que la confiance est importante dans la communication et dans les relations humaines et dans les gestes et actes qu’il veulent poser auprès des autres : de montrer aux jeunes qu’il est important de saisir les occasions d’un apprentissage du respect de l’autre, de son intimité physique, spirituelle et psychique, les occasions de faire l’expérience des relations d’amitiés et ainsi de la confiance en autrui. De reconnaitre quels sont les gestes qui font grandir ou qui donnent du bon pour grandir et qui ouvrent le cœur ?
  • C’est accompagner les jeunes dans leurs projets, des jeunes qui ont besoin d’être rassurés sur le fait que leur demande de liberté et d’autonomie puisse être soutenue. A donner un sens à leur vie.
  • C’est aider les jeunes qui se cherchent : qui ont besoin de rencontrer des limites, trouver des repères, de se rendre compte de leurs capacités, de leurs talents.
  • C’est dire aux jeunes qu’ils ont des choix à faire : les aider à s’engager, à se responsabiliser car le chemin et l’apprentissage de la confiance est un chemin qui ne s’appuie pas en mots seulement mais en actes. Les responsabiliser sur le respect, la charité ou la solidarité, le souci de chacun pour les autres, du soutien de tous pour un seul. Permettre aux jeunes de comprendre que poser des choix qui les engagent, c’est œuvrer au bonheur promis, à la joie.
  • C’est mettre en valeur les joies, les initiatives créatrices de liens et de confiance, les gestes de fraternité et de solidarité réalisés et qui aideront à porter un regard différent sur les plus fragiles autour de nous. Mais aussi les situations d’injustice, les différentes formes de pauvreté repérées autour de nous, dans notre quartier, notre collège, dans les familles ?....
  • C’est de donner aux jeunes la parole sur leur vision d’avenir, d’entendre, d’écouter leurs questions, leurs convictions, leurs échanges, leurs témoignages.
  • C’est leur permettre des temps de relecture, avec partage, dialogue : les faire réfléchir et les inviter à relire leur parcours de vie : au regard des rencontres qu’ils ont pu faire et ce que cela leur a apporté, reconnaitre les forces et les faiblesses, les prises de risques qui leur ont permis d’avancer, tous les actes accomplis concrets accomplis : les faire réfléchir sur ce qu’on a découvert sur le soutien apporté ?sur ses projets ? ses objectifs ? les personnes soutenues ? Qu’est-ce qu’on a appris sur nos capacités, nous –mêmes, notre confiance, notre vie en équipe ?
  • Les inviter à relire à la lumière des textes d’évangilequi rejoint le sens de notre action. Comment ces textes me parlent aujourd’hui dans ma vie, mon engagement ? Qu’est-ce qu’il m’invite à oser, à espérer ? Comment nos actions rejoignent le projet de Dieu, ce chemin de bonheur proposé par Jésus Christ ? Comment ai-je vécu et ressenti cet évènement ? Qu’est-ce qui m’interpelle, m’interroge, me remet en question ? Qu’est-ce qui a été pour moi source de joie, de paix et de liberté ?
  • Les inviter à approfondir le « pourquoi » et « le comment » du service des frères.

De se poser les questions : pour moi, que signifie servir ? En quoi et comment je sers ? Comment je reçois le service des autres ? Qu’est-ce que la fraternité ? Qui est mon frère ?

  • Les jeunes envers les autres: exemples de la béatitude à l’œuvre avec les jeunes de l’aumônerie

Il peut être présomptueux de dire que nous vivons complètement à l’image des béatitudes. Nul n’est parfait et même si certains s’en approchent de très près, les failles sont toujours possibles.

Notre objectif en aumônerie est d’amener nos jeunes à suivre ces chemins tracés par le Christ et de leur faire prendre conscience, à travers différentes actions, qu’en étant pauvres de cœur, ils seront plus attentifs au monde qui les entoure, aux besoins et aux souffrances des autres, et surtout qu’ils peuvent agir pour améliorer les choses, qu’ils sont utiles.

Pour les jeunes qu’est-ce qu’être « pauvres de cœur » ? C’est effectivement savoir se détacher du superflu : les marques, la mode, l’influence des autres, les dernières technologies. C’est savoir couper le portable, faire une pause avec les réseaux sociaux, dégager du temps pour les autres, oublier un temps la console de jeu, la série télé pour se mettre au service… Leur faire comprendre qu’il ne faut pas s’enfermer dans cette bulle faite de codes qui ne leur donnera pas la liberté espérée mais les enferme davantage dans un carcan, avec des œillères qui les empêchent de s’ouvrir au monde donc aux autres.

C’est là qu’ils peuvent nous surprendre et surtout surprendre ceux qui cataloguent et jugent un peu trop vite la jeunesse.

Chaque fois que nous avons mené des opérations avec nos jeunes en contact avec la population (pour ne citer que quelques exemples) : quête Raoul Follereau, collecte pour le secours catholique, aide au service de repas, collecte de bouchons au profit de l’Association Meuphine, collecte de friandises à Noël au profit d’associations caritatives (en 2013 pour les restos du cœur), rencontre de personnes en difficulté...

Chaque fois les réactions sont les mêmes : étonnement et surprise de voir que des jeunes sont capables de « lâcher » leur monde, de prendre du temps sur leurs moments de loisirs pour se mettre au service des plus petits, sans demander la moindre contrepartie … et que souvent ils en redemandent ! Pour preuve cette réflexion d’une jeune à ses parents venus la chercher après avoir assuré un service de repas :

« c’était trop génial, j’ai mis le couvert, j’ai débarrassé les tables, on a servi les gens… ils nous ont demandé si on était payé pour le faire… on leur a dit non, qu’on faisait cela pour aider… ils étaient super surpris !! Je recommence l’année prochaine ! »

Ou ce Monsieur, à la sortie d’une grande surface lors d’une quête Raoul Follereau qui non seulement d’être étonné que des ados puissent passer leur samedi après-midi à quêter bénévolement, a donné à la quête (ce qu’il n’aurait pas fait dans d’autres circonstances leur a-t-il dit) mais en plus leur a donné quelques pièces pour s’acheter des friandises pour les remercier de leur investissement…. !

Savoir qu’ils sont utiles, que leur aide est précieuse, qu’ils font partie de la bonne marche de la société… c’est cela qui les rend « pauvres de cœur ».

On dit souvent que les jeunes sont l’avenir de l’Eglise mais n’oublions pas qu’ils en sont aussi et surtout le présent.

L’aumônerie est certes un lieu de partage, de rencontres, de réflexion. C’est, comme j’ai l’habitude de le dire, une grande famille unie dans sa diversité culturelle et sociale autour d’une seule et même personne : le Christ.

La pauvreté de cœur s’exprime aussi dans les relations que nos jeunes ont entre eux. Nous leur demandons de s’accepter les uns les autres tels qu’ils sont avec leur différence, leur vie (déjà bien chargée pour certains…). Le témoignage de certains jeunes en est la preuve : « à l’aumônerie je suis bien car personne ne me juge, on m’accepte tel que je suis… » n’est-ce pas là que commence la pauvreté de cœur ?

Intégrer, accepter, accueillir… nous l’avons vécu encore très récemment lors de notre séjour à Taizé. Le désistement d’un groupe qui devait partager les coûts du car avec nous, nous mettait en difficulté financière et ne nous permettait pas d’assurer le départ de nos jeunes. La seule solution : ouvrir nos portes, faire appel à des personnes hors aumônerie… Une belle action dans le cadre de « mission en actes » : nous avons ainsi accueilli un jeune catéchumène et une de ses amies en recherche spirituelle… des jeunes un peu différents des nôtres car leur foi est toute neuve, leur parcours est un peu atypique… Mais quelle expérience ! Quelle richesse ! L’enrichissement a été à double sens. Une découverte réciproque qui n’aurait pas été possible sans humilité, sans écoute, sans ouverture… sans cette pauvreté de cœur. Une nouvelle aventure pour tous qui a commencé à Taizé et qui va se poursuivre…

La pauvreté de cœur c’est aussi l’intérêt que les jeunes ont montré lors de notre veillée de carême en mars dernier. Le témoignage et la rencontre de témoins qui se mettent au service : visiteurs d’hôpitaux, visiteur de prison, aumônerie étudiante, secours catholique, diacre etc… ont permis de les sensibiliser au sens que peut prendre le service, que notre devoir, en temps qu’êtres humains et chrétiens est de se mettre à l’écoute, d’aider, de donner… nous avons ce jour-là planté des petites graines qui ne demandent qu’à germer. De projets sont en cours, notamment avec les visiteurs d’hôpitaux.

Je pourrais vous parler encore longtemps des exemples de cette béatitude à l’œuvre, vécus avec nos jeunes… malheureusement le temps est compté et beaucoup de travail vous attend.

CONCLUSION

Pour conclure, je voudrais dire que je ne cesse, avec tous les animateurs bénévoles, de guider les jeunes sur ces chemins de béatitude qui sont chemins vers le Christ et de leur faire prendre conscience que tous ces instants, moments vécus, rencontres… que souvent ils qualifient dans leur langage d’heureux hasards ou de bonne surprise ne sont en fait que le résultat de l’effusion du Saint Esprit à l’œuvre dans leur cœur et dans leur vie. Et comme je le dit souvent en faire des adultes responsables et décomplexés à l’aise avec leur foi !

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